Petit manuel pour répondre aux gens grossiers VADMC

Petit manuel pour répondre aux gens grossiers

Si, vous aussi, la grossièreté de certain·es de vos correspondant·es, par mail, par téléphone, par message, par visioconférence… vous heurtent, voici quelques réponses toutes prêtes, à utiliser lorsque l’on reçoit un message professionnel, écrit ou parlé sur un ton irrespectueux.

« Bonjour Prénom, »

Madame/Monsieur,

Nous ne nous connaissons pas.

Merci de bien vouloir employer le vouvoiement et de m’appeler Madame/Monsieur Nom d’usage, ou, à défaut, Madame/Monsieur.

Nous aurons tout le loisir de décider ensemble d’un registre plus familier si nous faisons un jour connaissance.

« Vous êtes inscrit(e) à notre lettre d’information… »

Je ne me souviens pas avoir demandé à y être inscrite.

Merci de bien vouloir me retirer définitivement de votre liste de diffusion.

Lorsque le désabonnement ne fonctionne pas

Je vous ai déjà demandé à plusieurs reprises de me désinscrire.

Merci de procéder effectivement à cette désinscription, plutôt que de m’expliquer que le problème viendrait de moi.

Lorsque le message est incompréhensible

Je ne comprends pas votre phrase :

« … »

Pourriez-vous la reformuler ?

Lorsque le message ne comporte aucune formule de politesse

Je prends acte de votre choix de ne pas employer de formule d’appel/de formule de salutation/de ponctuation.

Pour ma part, je continuerai à considérer que la courtoisie n’est pas une perte de temps.

Lorsque la signature est écrite entièrement en majuscules

Les majuscules sont utiles pour les acronymes.

Elles ne rendent pas un nom plus important que les autres.

Lorsque les émojis remplacent la politesse dans un contexte professionnel

Un émoji ne remplace ni une formule d’appel, ni une formule de salutation.

Les émojis peuvent accompagner un message, mais uniquement dans un contexte informel.

Ils ne dispensent pas de s’adresser poliment à son interlocutrice ou à son interlocuteur.

Lorsque l’impératif remplace la demande

« Envoyez-moi… »

« Faites… »

« Répondez… »

À moins de donner un ordre à une personne placée sous votre autorité, et encore, il est généralement préférable d’utiliser le conditionnel plutôt que l’impératif :

« Pourriez-vous… »

« Auriez-vous l’amabilité de… »

« Serait-il possible de… »

La langue française offre suffisamment de nuances pour distinguer une demande d’un ordre.

Au téléphone

« Oui ? »

Ou le silence.

Lorsque l’on décroche son téléphone, un simple « Bonjour » permet à son interlocuteur de savoir qu’il a bien appelé la bonne personne et instaure immédiatement un échange courtois.

Quelques secondes suffisent pour commencer une conversation dans de bonnes conditions.

Lorsque le formulaire ne prévoit qu’un destinataire masculin

Je constate que votre formulaire ne permet de s’adresser qu’à un « Monsieur ».

Or les femmes existent également.

Je vous invite à corriger ce point afin que votre communication soit conforme aux principes d’égalité et de respect que l’on est en droit d’attendre d’un organisme/d’une entreprise.

La politesse n’est pas une affaire d’âge, de profession ou de statut social.

Elle consiste simplement à reconnaître l’existence de l’autre.

Un « Madame », un « Monsieur », un « bonjour », un « merci » , un « s”il vous plaît », ou un « cordialement » ne prennent que quelques secondes à écrire. Pourtant, ils disent beaucoup de la considération que l’on porte à son interlocuteur.

À l’heure où l’on parle sans cesse de communication, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que communiquer commence par respecter la personne à qui l’on s’adresse.

Appel à contributions

Cet article n’a pas vocation à être exhaustif.

Les règles de courtoisie évoluent, tout comme les usages du numérique, du téléphone, des courriels et des réseaux sociaux. Il est donc probable que certaines formes de grossièreté ou, au contraire, certaines pratiques particulièrement respectueuses m’aient échappé.

Si vous avez rencontré d’autres situations révélatrices de ces évolutions, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires. Les exemples les plus significatifs pourront, avec votre accord, être intégrés à une version enrichie de cet article.

Après tout, les bonnes manières aussi méritent leur recherche collaborative.

Courte bibliographie complémentaire :

Liliane Roudière, Les Gens honnêtes ont-ils un avenir ? – En finir avec les gougnafiers, Paris, First Éditions, 2020.

Madeleine Meteyer, « Technique du livre, regard hostile… comment lutter contre nos insupportables concitoyens qui regardent des vidéos ou passent des appels sans écouteur ? », Le Figaro, 2026. URL : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/regard-pesant-technique-du-livre-ou-de-la-pioche-comment-lutter-contre-ces-malotrus-qui-regardent-des-videos-de-squeezie-sans-ecouteur-20260617

Illustration de couverture réalisée par Tiphaine Martin avec Canva AI, 2026.

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Petit manuel pour répondre aux gens grossiers », Voyages autour de mon cerveau, juillet 2026. URL : https://vadmc.hypotheses.org/31456

Tiphaine Martin
Tiphaine Martin
Tiphaine Martin est chercheuse en Lettres et Cinéma. Elle est membre du comité éditorial des Simone de Beauvoir Studies. Elle… Lire la suite

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Tiphaine Martin (10 juillet 2026). Petit manuel pour répondre aux gens grossiers. Voyages autour de mon cerveau. Consulté le 13 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16k1t


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