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Traquer les nazis VADMC

Traquer les nazis : M. Brown, H. Calef, R. Deforges, M. Hazanavicius

Lors de la libération de l’Europe du joug nazi, les procès et les règlements de compte extrajudiciaires n’ont permis de juger qu’une partie des responsables des atrocités antisémites commises pendant la Shoah. Une zone grise demeure, faite de fuites, de changements d’identité, d’exils et d’impunités. Face à cette justice incomplète, certain·es citoyen·nes se sont constitué·es en « traqueurs et traqueuses de nazis », investissant dans la durée une mission de réparation, parfois informelle, parfois obsessionnelle, toujours fragile.

Ces œuvres ne relèvent pas d’un même genre ni d’un même régime narratif. Elles ont cependant en commun de mobiliser une même figure : celle de la traque, non seulement comme action, mais comme forme de récit. De la poursuite de criminels nazis aux intrigues contemporaines du secret et du dévoilement, se dessine un motif migratoire : celui d’une vérité toujours retardée, toujours recomposée.

Cette figure du traqueur, loin de se limiter à une réalité historique, a trouvé une large postérité fictionnelle. Elle traverse les genres, les époques et les continents, et devient un motif narratif à part entière : celui de la poursuite d’un mal qui, ayant survécu à la guerre, se dissimule dans les replis du monde d’après. Nous en proposons ici un parcours à travers quatre œuvres très différentes : Lilette, hôtesse parisienne (Mandy Brown, Danger Is My Escort, 1970), Noir tango (Régine Deforges, 1991), L’Heure de la vérité (Henri Calef, 1965) et OSS 117 : Rio ne répond plus (Michel Hazanavicius, 2009).

Dans ces récits, la traque s’inscrit dans des espaces géographiques déplacés : Europe de l’après-guerre, Israël comme lieu de recomposition identitaire, Amérique du Sud refuge de criminels nazis, ou espaces plus instables où circulent faux-semblants et identités usurpées. La fiction transforme ainsi la géographie historique en cartographie morale : où se loge la justice, où commence l’oubli, où persiste le retour du pire.

Dans L’Heure de la vérité, le travail d’un historien nord-américain, Fred Blynt (Brett Halsey), devient le point d’entrée d’une enquête sur la survivance de l’horreur. Cherchant à comprendre ce qu’était la vie dans un camp de concentration, il découvre moins un passé clos qu’un présent contaminé par ses restes. L’horreur n’est pas seulement ce qui a eu lieu, mais ce qui continue de circuler dans les récits, les silences et les identités recomposées. La question devient alors : comment vivre lorsque l’on soupçonne que les bourreaux ont pu se fondre parmi les survivants, adopter leurs noms, leurs vies, parfois jusqu’à leurs familles ?

Dans Noir tango, Régine Deforges déploie une autre variation de cette quête, mêlant mémoire de la Résistance, espionnage et circulations transatlantiques. La traque y devient collective, portée par des figures féminines qui refusent l’effacement des crimes passés. L’Europe et l’Amérique du Sud forment un même espace de circulation des anciens nazis et de ceux qui les poursuivent, dans une tension constante entre justice, vengeance et reconstruction.

Dans Lilette, hôtesse parisienne, la logique de la traque se déplace vers une intrigue fragmentaire où quiproquos, identités instables et violences latentes composent un récit proche du roman d’espionnage. La figure du nazi n’y est pas seulement un objet de poursuite : elle agit comme révélateur des illusions sociales et des masques que chacun peut endosser. La traque devient alors instable, presque accidentelle, surgissant au détour d’un scénario qui ne semblait pas la contenir.

Avec OSS 117 : Rio ne répond plus, Michel Hazanavicius propose un autre déplacement encore : celui de la satire. La traque des nazis devient un matériau comique et critique, pris dans les contradictions d’un personnage à la fois héritier de la Résistance et porteur de biais idéologiques persistants. Le film met en scène une mémoire historique traversée de décalages, où la condamnation du nazisme coexiste avec des aveuglements contemporains. La fiction ne stabilise pas la morale : elle en expose les fissures.

Ce motif de la traque et du dévoilement ne disparaît pas avec les récits de l’après-guerre. Il se prolonge, se déplace, et continue d’irriguer des œuvres plus contemporaines où la question de la mémoire se mêle à celle du pouvoir, du désir et de la mise en scène des relations humaines.

Dans Séduis-moi si tu peux ! (Long Shot, Jonathan Levine, 2019), une scène située lors d’un déplacement diplomatique en Amérique du Sud introduit, sur un mode incident, une réflexion sur la persistance des héritages historiques dans les espaces contemporains du pouvoir. Le journaliste Fred Flarsky (Seth Rogen) évoque la possibilité que les descendants de violences anciennes puissent aujourd’hui occuper des positions sociales ou politiques sans que ces filiations soient visibles ou identifiables. Il ne s’agit pas d’un thème central du film, mais d’une brève ouverture interprétative : celle d’un monde où l’histoire ne disparaît pas, mais se reconfigure dans l’anonymat des structures sociales.

Ce déplacement vers des récits contemporains peut sembler éloigné du corpus initial. Il prolonge pourtant une même logique : celle de la révélation retardée, du savoir partiel, et des identités construites dans l’écart entre visible et invisible.

De même, Pour une femme (Diane Kurys, 2012) prolonge cette réflexion en inscrivant la mémoire familiale et politique dans une narration où les secrets, les engagements passés et les zones d’ombre de l’histoire intime recomposent sans cesse le présent. Il ne s’agit plus seulement de reconstituer ce qui a eu lieu, mais de comprendre comment ce qui a eu lieu continue de produire des récits, des affects et des conflits dans le temps long.

De la traque des criminels nazis aux récits contemporains du désir, du pouvoir et du secret, ce qui se dessine n’est pas un thème, mais une forme persistante : celle d’une narration fondée sur le retard du dévoilement. La figure du nazi traqué, loin d’être un motif historique circonscrit, devient ainsi une matrice narrative plus large, où se rejoue sans cesse la tension entre ce qui est visible, ce qui est dissimulé et ce qui ne peut être pleinement dit.

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Traquer les nazis : M. Brown, H. Calef, R. Deforges, M. Hazanavicius », Voyages autour de mon cerveau, octobre 2026. URL : https://vadmc.hypotheses.org/31339

 

Cluny Brown VADMC

Partir, revenir, pourquoi ? (10) Oser partir : Cluny Brown

Même avec un goût prononcé pour la plomberie, il est compliqué de trouver du travail si on est femme. Et plus encore femme à Londres en 1938, alors que gronde le nazisme. Ainsi, la jeune Cluny Brown, héroïne du roman éponyme de Margery Sharp (1944) et de la fidèle adaptation d’Ernst Lubitsch (1946), ne fait que remplacer son oncle Arn (Billy Bevan), absent pour cause d’après-midi dominical loin de leur modeste appartement londonien. Cluny (Jennifer Jones) se rend chez l’aristocratique Hilary Ames (Reginald Gardiner), où elle débouche l’évier avec brio, sous le regard surpris d’Hilary, et, dans le film, amusé d’Adam Belinski (Charle Boyer), écrivain de romans policiers polonais/tchécoslovaque fuyant le nazisme, et en attente d’être appelé aux États-Unis par son éditeur.

Adam flirte avec Cluny, lui offrant son premier cocktail. Ivre, celle-ci s’endort sur le canapé, où la découvre, furieux, son oncle. Il morigène et les deux hommes, car la situation n’est pas nette et le viol d’une jeune naïve toujours possible, et sa nièce, d’avoir oublié, une fois de plus, quelle est sa place, c’est-à-dire au foyer, à s’occuper des tâches ménagères. Sa nièce a beau protester, il la ramène chez eux, puis lui trouve une place de servante, dans une demeure grande-bourgeoise, Friars Carmel, à la campagne. Où elle sème la confusion, à la grande joie du lectorat et du public, mais à la confusion de la gouvernante, Madame Maile (Sara Allgood), et Syrette (Ernest Cossart), le maître d’hôtel, ravis, quant à eux, de leur servitude volontaire. Servitude volontaire que Sacha Guitry a mis en scène dans Désiré (pièce de théâtre, 1927 ; film, 1937).

Dans le train qui l’amène à Friars Carmel, Cluny se lie d’amitié avec un colonel (C. Aubrey Smith), proche des Carmel, qui la prend pour une invitée et la conduit sur place. Les Carmel (Margaret Bannerman et Reginald Owen), de leur côté, pensent qu’elle est une amie du colonel et lui offrent le thé, à la joie de Cluny, qui les remercie de leur accueil si cordial. Son statut subalterne éventé, elle descend à l’étage des domestiques, faisant le chemin inverse de Johnny Case (Cary Grant) dans Vacances (Georges Cukor, Holiday, 1938), petit-bourgeois fiancée à la riche Julia Seton (Doris Nolan). Cluny remonte ensuite pour servir à table, mais sans s’en sortir, faute de formation adéquate. Le service n’est donc pas une question de gènes féminins et/ou de classe sociale. Puis, lorsqu’Adam est invité chez les Carmel par leur fils Andrew (Peter Lawford), il retrouve Cluny avec plaisir, tout en flirtant avec l’Honorable Betty Cream (Helen Walker), dont Andrew est amoureux, et qui crie calmement tout en lisant, lorsqu’Adam persiste à ne pas vouloir sortir de sa chambre, où il est entré de nuit, sous prétexte de lui parler d’Andrew (dans le film)/de la demander en mariage (dans le roman).

Cependant, dans le film, contrairement au roman, il ne se préoccupe de Betty que lorsque Cluny a « trouvé son bateau », c’est-à-dire un fiancé, en la personne de monsieur Wilson, sinistre pharmacien du village. Le – pourtant – jeune Wilson a non seulement un physique ingrat surmonté d’un pince-nez, mais il est également dénué d’humour, il joue de l’harmonium, il parle avec pondération et pédantisme, il est tout dévoué à sa mère, une vieille dame acariâtre (Una O’Connor), qui ne s’exprime que par une gamme de toussotements, régentant ainsi son fils.

Toujours dans le film, la métaphore viatique utilisée par Adam et Cluny sert à désigner l’arrivée de l’amour dans leur vie, loin de l’île déserte où ils languissent tous deux, côte à côte, mais uniquement amis, lointain écho de la situation d’Ellen (Irene Dunne) dans Mon épouse favorite (Leo McCarey, My Favorite Wife, 1940).

Autres métaphores viatiques, celles utilisées par Cluny dans le film, avec une prédilection pour l’Orient colonial britannique (celui d’Agatha Christie, entre autres) : chez Reginald, après avoir bu, elle se rêve en chat persan, qui se rend à Bagdad. Cité qu’elle traverse en rêve une fois à Friars Carmel, puis Le Caire, avant d’être emportée par Adam – revêtu d’un fez -, sous la tente de celui-ci, dans le désert. Cluny s’est alors forcée à se réveiller, car, comme elle le rappelle naïvement à Adam en lui racontant son rêve, ils ne sont qu’amis. Il n’aurait pas été convenable qu’il se passe quoi que ce soit entre eux sous cette tente, même avec Adam en moderne avatar du « cheik » Rudolf Valentino, référence implicite du rêve de Cluny. Point n’est besoin d’être fin·e psychologue pour saisir et l’amour que Cluny porte à Adam, et son mal-être à être coincée dans un espace fermé sur lui-même et morne, aux côtés de gens satisfaits de la médiocrité de leur existence, effrayés par le moindre changement.

Adam, de son côté, jaloux de Wilson, s’amuse à l’agacer, en faisant tinter la sonnette de la porte d’entrée de la pharmacie, puis en refermant vivement la porte. Cluny, de son côté, fait des efforts méritoires pour s’adapter à son nouvel environnement : travail, lieu, amour, tout finit par former un tout harmonieux. Cluny est prête à s’installer dans son rôle de femme ce pharmacien de campagne, avec une belle-mère qui serait comme la mère qu’elle n’a jamais connue. Ainsi, elle quittera son travail de servante. qu’elle a appris à faire, mais qui lui plaît toujours pas. Tout comme la campagne et les rossignols, dégoûts qu’elle partage avec Adam.

Heureusement, elle est sauvée par la canalisation de l’évier des Wilson, qui manifeste sa désapprobation au moment où Wilson va annoncer leurs fiançailles à ses ami·es, en présence de sa mère, dont c’est l’anniversaire. Cluny, après avoir vaillamment résisté à la tentation, va réparer la panne. Puis revient s’assoir, après voir été félicitée par un petit garçon, présent dans l’assistance. C’est alors la débandade chez les Wilson. Madame Wilson toussote sa réprobation, puis monte se coucher, les invité·es partent. Cluny aussi. Tout semble donc résolu côté sentimental, Cluny retrouvant Adam dans l’île déserte où ils attendent leur fameux bateau amoureux. Cependant, le pompeux monsieur Wilson ne peut admettre qu’elle lui échappe, elle si minuscule qu’il a daigné distinguer. Il lui pardonne donc dignement.

Heureusement, elle est sauvée par la paire de bas de soie que lui offre Adam comme cadeau d’adieu, avant son départ de Friars Carmel, puis de l’Angleterre, son éditeur américain l’ayant enfin contacté (et lui ayant payé le bateau). Dans le roman, point de symbole vestimentaire de la modernité urbaine, mais une simple conversation Adam-Cluny qui les emportent jusque de l’autre côté de l’Atlantique, après une halte courtoise chez l’oncle Arn. Dans le film, Cluny, en tenue de service, court après Adam, parti à la gare de Friars Carmel. Elle commence par franchir la porte principale du manoir, en sens inverse de son arrivée, mais toujours contre les bonnes manières et toujours en passant d’une classe sociale inférieure à une classe sociale élevée. Puis, Cluny se fait porter à bicyclette à la gare, sous le regard outré de Wilson. 

Elle rattrape Adam, explicitement pour le remercier de son cadeau et pour lui annoncer la mansuétude de saint Wilson. Implicitement, son langage corporel indique son mal-être et son désarroi. Adam ne s’y trompe pas et la fait entrer dans son compartiment, avant de lui annoncer leur prochain mariage, leur prochaine existence mouvementée, faite alternativement de vaches maigres et de louches de caviar, sans oublier sa terrible vengeance : transformer ce satané (en restant poli) rossignol en meurtrier dans son prochain roman policier. Cluny acquiesce à ce programme alléchant, qui comble ses vœux. Mais une inquiétude demeure : et si Adam et Cluny, de duo se transformait en trio ? Adam, qui a réponse à tout, rassure la future Madame Belinski : il pondrait un autre roman policier, qui, comme le premier, serait un succès.

Dont acte, dans la dernière scène du film, avec une Cluny enfin vêtue élégamment, s’évanouissant car enceinte, devant la vitrine d’une librairie regorgeant des romans policiers d’Adam, sous l’œil mauvais du rouge-gorge tueur de la couverture. Le dernier plan nous montre le deuxième opus dudit oiseau assassin. Et Cluny fut heureuse aux États-Unis avec son mari, ses livres et leurs enfants.

Un triple hourra pour cette valeureuse héroïne, qui a su sortir de son marasme social et, grâce au voyage, en osant partir de l’endroit où elle était le plus mal, trouver le bonheur.

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Partir, revenir, pourquoi ? (10) Oser partir : Cluny Brown », Voyages autour de mon cerveau, juillet 2024. URL : https://vadmc.hypotheses.org/16620

Bonjour bonsoir en chanson VADMC

Bonjour, bonsoir en chanson : Chantons sous la pluie, La Mélodie du bonheur

Une des meilleures façons d’aller vers l’autre étranger·e est d’apprendre sa langue, sans passer par la traduction. Un moyen, également, de valoriser les langues étrangères. Deux comédies musicales se répondent sur ce point : quand, en 1927, l’acteur Don Lockwood (Gene Kelly), l’aspirante comédienne Kathy Selden (Debbie Reynolds) et l’acteur Cosmo Brown (Donald O’Connor) entonnent joyeusement « Good Morning » dans Chantons sous la pluie (Singin’ In The Rain, Gene Kelly, Stanley Donen, 1952, à 0‘59mn), les enfants autrichiens von Trapp chantent « So Long, Farewell » dans le hall de leur demeure, en 1938, dans La Mélodie du bonheur (The Sound of Music, Robert Wise, 1965, à 1’29).

Outre l’anglais, on retrouve dans les deux refrains l’allemand et le français. Les paroles d’Arthur Freed dans Chantons sous la pluie jouent également sur l’espagnol et l’italien, contrairement à celles de Rodgers et Hammerstein dans La Mélodie du bonheur.

Dans le premier film, la chanson sert à rapprocher Don et Kathy, ainsi qu’à enclencher la deuxième partie de la narration et le nouvel obstacle, à savoir le doublage de l’actrice horripilante Lina Lamont (Jean Hagen) par Kathy, sans que Lina soit au courant et bloque la future carrière d’actrice de Kathy. La charge misogyne contre Lina provoque l’absence de sororité entre les deux femmes, Don étant également un enjeu entre elles. Cosmo, quant à lui, est totalement a-sexualisé, tout au long du film.

Dans le second film, les sept enfants du capitaine von Trapp (Christopher Plummer) chantent pour les invité·es de leur père, sous la houlette de leur gouvernante Maria (Julie Andrews). Au niveau privé, Maria montre son influence bienveillante sur les enfants, les encourageant et les mettant en valeur, presque comme une belle-mère… alors que le capitaine est fiancé à la fière baronne Elsa von Schraeder (Eleanor Parker), qui, elle, ne rêve que d’envoyer ses futurs beaux-enfants en pension. Au niveau politique, c’est une manière d’affirmer la résistance des von Trapp au nazisme rampant, par une légère ouverture aux pays étrangers (Angleterre, États-Unis, France).

Les deux scènes, où les femmes et filles chantent à égalité avec les hommes et les garçons, forment une boucle journalière d’ouverture aux autres, dans la bonne humeur.

Tout cela pour proposer un nouvel exercice de mise en voix (le matin) et de repos progressif  (le soir), grâce à ces deux comédies musicales :

Bonjour 

(…)

Buenos Días

(…)

Bongiorno

(…)

Gutten Morgen 

(…)

Good Morning to you

Et :

So long, farewell, auf Wiedersehen, good night

(…)

So long, farewell, auf Wiedersehen, adieu

Adieu, adieu, to yieu and yieu and yieu

So long, farewell, au revoir, auf Wiedersehen

(…)

So long, farewell, auf Wiedersehen, goodbye

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Bonjour, bonsoir en chanson : Chantons sous la pluie, La Mélodie du bonheur », Voyages autour de mon cerveau, mars 2024. URL : https://vadmc.hypotheses.org/15304