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Couverture de ma Maîtrise - mois Maîtrise VADMC

Naissance et écriture de ma Maîtrise : “Du Deuxième Sexe à La Femme rompue, une double écriture féministe”

Vingt-et-un ans après avoir écrit ma Maîtrise, vingt ans et six mois après l’avoir soutenue, en mars 2006, j’y reviens, dans le but de la mettre en ligne sur mon carnet de recherche Voyages autour de mon cerveau. Avant la mise en ligne définitive, j’y consacre une série d’articles :

  1. « Naissance et écriture de ma Maîtrise : “Du Deuxième Sexe à La Femme rompue, une double écriture féministe” »
  2. « Publication d’extraits de ma Maîtrise :  “Du Deuxième Sexe à La Femme rompue, une double écriture féministe” » : épigraphe, introduction générale, introduction de la première partie, conclusion de la première partie, introduction de la seconde partie, conclusion de la seconde partie, conclusion générale.
  3. « Les films de Monique : le cinéma comme élément de construction du personnage dans “La Femme rompue” de Simone de Beauvoir ».
  4. « Mise en perspective : de l’étude de La Femme rompue à la transmission d’une œuvre beauvoirienne ».

Commençons par le commencement, la naissance et l’écriture de ma Maîtrise :

L’idée de cette maîtrise n’est pas née au hasard ni tardivement. Après avoir découvert Simone de Beauvoir à l’été 1999, comme je l’ai raconté dans l’interview que m’a consacré Françoise Cesbron pour Humanit’Elles, j’ai poursuivi une scolarité littéraire au lycée Jacques Amyot d’Auxerre (Yonne, 1999-2002), puis enchaîné avec un DEUG et une Licence de Lettres Classiques à l’université de Dijon (Côte d’Or, 2002-2005).

Après avoir validé mon premier semestre de Licence, j’avais déjà choisi le sujet de ma future maîtrise : Le Deuxième Sexe et La Femme rompue, avec une problématique et un plan. J’ai alors écrit au Professeur Jacques Poirier, en lui demandant s’il accepterait d’être mon directeur de Maîtrise. J’ai déposé ma lettre dans son casier à l’université de Dijon. Deux jours plus tard, en rentrant chez mes parents à Auxerre, une réponse m’attendait déjà, positive. J’ai toujours conservé cette lettre.

Dès que Monsieur Poirier eut accepté de diriger ma maîtrise, je n’ai pas attendu la rentrée universitaire pour commencer. À la fin des partiels du second semestre de licence, j’ai commencé à prendre des notes sur La Femme rompue et Le Deuxième Sexe. J’ai ouvert plus largement le champ à l’ensemble de l’œuvre de Simone de Beauvoir, afin de repérer d’éventuels prolongements ou éléments susceptibles d’éclairer mon sujet. Ainsi, le premier septembre, sans attendre le début officiel de l’année universitaire, j’ai commencé à écrire mon mémoire de maîtrise.

Quant à la soutenance, elle a été plutôt particulière. Mon directeur m’avait proposé de nous installer dans son bureau de directeur des éditions universitaires, plus calme, disait-il. À peine avais-je commencé mon exposé qu’un enseignant-chercheur est entré. Malgré l’indication de Jacques Poirier précisant qu’une soutenance était en cours, un échange s’est engagé, qui a duré près de trois quarts d’heure. Je me suis alors retrouvée dans une situation assez singulière : attendre le début réel de ma propre soutenance.

Puisque l’échange entre les deux enseignants durait, j’ai sorti le livre que j’avais dans mon sac, la biographie de Colette par Brunet et Pichois, et j’ai continué à la lire. Pour autant, j’ai lu sans vraiment lire, puisque évidemment très stressée.

Quand enfin l’entretien a commencé, tout s’est bien passé. Monsieur Poirier m’a annoncé une bonne note, fait une remarque sur mon style, qu’il trouvait un peu lourd, puis a plaisanté à ce sujet, puisque c’était la première fois qu’il m’en parlait. Avec le recul, cette soutenance reste pour moi un épisode marquant de mes années universitaires. Elle révèle à la fois l’enthousiasme qui m’animait alors et certaines réalités institutionnelles auxquelles je ne m’attendais pas. Pourtant, ce n’est pas cet épisode qui a défini la suite.

Plusieurs mois après ma soutenance, qui s’était déroulée en mars, j’ai reçu un courrier de l’université m’annonçant que j’étais ajournée. Après un appel à la secrétaire de la Maîtrise, la situation a été rapidement régularisée (une erreur, d’après ce qui m’avait été dit au téléphone par la secrétaire du Master), et j’ai finalement reçu la confirmation de mon diplôme.

Il s’agissait de la première étape d’un parcours de recherche qui se poursuit encore aujourd’hui.

Pour la couverture de mon mémoire, j’avais demandé à une amie de mes parents, Bella Buch, si elle pouvait peindre un tableau (huile et acrylique sur toile) à partir du recueil La Femme rompue. Ce qu’elle a très gentiment fait, allant jusqu’à m’offrir ce tableau à la fin de mon année de  Maîtrise, ce qui m’a fait très très plaisir :

Couverture de ma Maîtrise - mois Maîtrise VADMC

Ce tableau représente une femme assise, La Femme rompue sur les genoux. Elle a les yeux fermés, se détachant sur un fond bleu. À gauche, un couple, femme et homme, dos à nous. Ils s’éloignent dans un halo.

Opération lire, relire et analyser Beauvoir, Le Deuxième Sexe et La Femme rompue, oui !

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Naissance et écriture de ma Maîtrise : “Du Deuxième Sexe à La Femme rompue, une double écriture féministe” », Voyages autour de mon cerveau, août 2026. URL : https://vadmc.hypotheses.org/32391

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Un morceau musical de mon palimpseste mémoriel : France Musique, “Je suis l’oiseleur” 

Un très grand merci à la journaliste Gabriela Oliveira Guyon et à son équipe de l’émission « France Musique est à vous » de m’avoir contactée, suite à ma proposition de diffusion du premier air de Papageno dans La Flûte enchantée, en français « Je suis l’oiseleur ». Et d’avoir diffusé cet air le samedi vingt-trois novembre 2024, après m’avoir demandé des informations sur ma biographie et sur mon rapport à la musique et à La Flûte enchantée. Je diffuse ci-dessous cette partie-ci, avec des compléments d’informations mémorielles.

Source de l’image de couverture : Wikimedia Commons.

J’aime toutes les sortes de musique, sans distinction ni hiérarchie, sauf celle établie par Sofia (jouée par Elvire Popesco) dans Mademoiselle Swing de Richard Pottier (1942) :

Il n’y a pas de grande ou de petite musique, il n’y a que de la bonne ou de la mauvaise musique.

Ce sont mes parents qui m’ont fait découvrir La Flûte enchantée quand j’étais petite, d’abord à la télévision, dans une retransmission en direct du festival d’Aix-en-Provence, puis avec une K7 audio, puis en intégrale en CD. Depuis, j’ai vu plusieurs mises en scène de La Flûte enchantée, grâce à ARTE. Je préfère celles qui sont fidèles à la magie du livret et de la musique.

J’aime beaucoup cet opéra car il est féérique, mais pas dans le sens riant. Tout se passe dans des contrées imaginaires, mais tout a beaucoup de sens et parle de sujets universels : la famille, l’amour, l’amitié, les relations femmes-hommes, le pouvoir. On tremble, on sourit, on est ému.

J’aime particulièrement le premier air de Papageno car il est très joyeux, en contraste avec l’aspect dramatique du début de l’opéra, quand le prince Tamino est poursuivi par un monstre et qu’il s’évanouit d’horreur, avant d’être sauvé par les Trois Dames de la Reine de la Nuit. L’oiseleur Papageno est insouciant et heureux de sa vie libre, qui va se compliquer avec sa rencontre avec Tamino. Rencontre et suites complexes qui lui feront gagner, cependant et heureusement, son double féminin Papagena.

Cf. également mon article Tiphaine Martin, « Retour à la vie : La Flûte enchantée », Voyages autour de mon cerveau, novembre 2024. URL : https://vadmc.hypotheses.org/19277

En complément :

  1. la retransmission en direct du festival d’Aix-en-Provence par FR3 (aujourd’hui France 3) date du seize juillet 1989 :

https://catalogue.ina.fr/doc/TV-RADIO/DA_CPC23001761/la-flute-enchantee-acte1?rang=7  

J’avais donc cinq ans depuis trois mois quand ma mère m’a réveillée pour regarder la retransmission en direct, tout en l’enregistrant sur VHS, ce qui m’a permis de revoir plusieurs fois cette magnifique mise en scène. Il faut dire qu’à l’époque, les opéras commençaient tard semble-t-il, à vingt-deux heures pour cette Flûte enchantée.

Cette mise en scène du Franco-Argentin Jorge Lavelli était féérique parce que doucement modernisée, sans trahir le livret originel : les trois jeunes gens « doux, sages et beaux » étaient des garçonnets à tricycle ; Pamina dormait, à l’acte deux, dans une poussette en osier, soulignant sa fragilité et son aspect infantile, donc renforçant la violence de la tentative de viol par Monostatos ; Papagena et Papagno étaient vêtus à la fois de feuilles colorées et avec un gilet et un chapeau melon très Beckett période En attendant Godot ; quasiment pas de décor, des rideaux noirs en fond de scène à l’acte un, puis un fond blanc à l’acte deux, avant le retour au noir pour le final (double tentative de suicide de Pamina puis de Papageno, épreuve finale pour Pamina et Tamino), trois immenses portes coulissant des cintres lorsque Tamino arrive aux… portes du palais de Sarastro ; un portant en fer avec de petits jets de feu éteints par un portant avec de petits jets d’eau pour symboliser l’épreuve finale de Pamina et Tamino…

Sinon, je viens de me rendre compte que j’ai vu une mise en scène de Jorge Lavelli, sans faire le lien avec sa version de 1989 de La Flûte enchantée : hasard, coïncidence, étoiles propices ? En 2017, une amie, rencontrée via Facebook, que je remercie grandement ici, m’avait conseillée, au vu de mon goût pour l’opérette (merci ARTE, merci Benoît Duteurtre et son émission de France Musique Étonnez-moi Benoît, merci les discothèques municipales et leurs fonds opérettes, CD et DVD), d’aller voir La Veuve Joyeuse de l’austro-hongrois Franz Lehár, à l’opéra Bastille, à Paris, dans une mise en scène sobre, comme je les aime.

Habitant alors en banlieue parisienne, au Kremlin-Bicêtre, il m’était facile de m’y rendre. Dont acte, pour une très belle soirée, même pas gâchée par un hum snob, restons polies, qui a braillé, il n’y a pas d’autre terme, dans le hall de l’opéra tout le mal qu’il pensait du troisième choriste en partant de la gauche. Ou était-ce le sixième choriste en haut à droite ? Ou la chanteuse et le chanteur principaux ? Ou… Bref, je ne lui ai pas balancé ma paire de petits talons dans son large dos, et je suis restée dans l’ambiance doucement légère de cette opérette viennoise se déroulant à Paris. Sans savoir donc que je venais de retrouver un metteur en scène que je connaissais depuis tout petite.

J’ai rangé cette mise en scène aux côtés des adaptations filmées de l’opérette. La mise en scène, légère également, d’Ernst Lubitsch (réalisateur états-unien né en Allemagne), avec Jeannette MacDonald et Maurice Chevalier – par contre j’attends toujours l’édition en DVD/blu-ray/VOD dans nos contrées franco-européennes. Et de celle, forcément décadente et sombre, du austro-hongrois naturalisé nord-américain Erich von Stroheim. Et celle, bof bof et mal aux yeux car Technicolor un peu sombre (un comble) et non restauré, de Curtis Bernhardt (réalisateur états-unien né en Allemagne).

  1. la K7 audio (génération née dans les années quatre-vingts coucou hello) est issue du vinyle (générations nées avant les années quatre-vingts et depuis les années 2010 salut yo) de la collection Le Petit Ménestrel. C’est l’acteur Claude Rich qui en est le récitant, mais c’est Papageno (Jean-Claude Granval) qui introduit l’œuvre au tout début du vinyle/de la K7 audio, et c’est toujours Papageno qui est le fil conducteur du récit. Mon choix de 2024 aurait-il donc été inconsciemment orienté par mes écoutes ?
  2. j’ai toujours le coffret CD de La Flûte enchantée, avec livret trilingue (allemand/anglais/français), « Harnoncourt ». Il m’a été offert par mes parents pour mes dix ans, en même temps que le coffret DECCA des Nozze di Figaro, un de mes premiers liens avec l’Italie, en plus des Don Camillo avec Fernandel et Gino Cervi, et avec la musique lyrique d’Alessandro Cicognini. J’ai plus écouté le coffret Flûte grâce au combo K7 audio et visionnage télévisuel. En outre, je trouve ces Nozze un peu longuettes, après un début mené tambour – et portes – battant(es).
  3. Les deux versions cinématographiques de La Flûte enchantée que j’ai vues, en VHS et en DVD, m’ont déçues. Celle du Suédois Ingmar Bergman pèse sur l’aspect morbide, sans le côté solaire versus nocturne – mais pas forcément morbide donc. Celle du Britannique Kenneth Branagh aurait pu être intéressante, car se déroulant dans les tranchées britanniques pendant la Première Guerre mondiale. Pourquoi pas ? Mais… on perd très vite le fil de la narration et on sombre dans le n’importe quoi côté scénario.
  4. La version scénique que j’ai tentée de regarder au tout début des années deux mille sur ARTE était du même goût, avec une modernisation style grosse entreprise, Saratro en PDG, etc. : je n’ai pas compris l’intérêt de détruire le livret, j’ai donc arrêté rapidement mon visionnage.

Celle que j’ai regardée au tournant des années deux mille dix, avec le monde de Sarastro comme étant l’Allemagne de l’Est, et l’univers de la Reine de la Nuit comme étant l’Allemagne de l’Ouest, était un parti pris étonnant, mais intéressant.

Je préfère quand même la version de 202… ? , vue sur ARTE, en direct du festival de Salzbourg, où le metteur en scène – à quand une/des metteuse(s) en scène ? – a retrouvé la fraîcheur originelle du livret, et les chanteurs et les chanteuses l’âge de leur rôle.

En préparant mes notes pour l’émission de France Musique, j’ai découvert une version bruxelloise de 2023, pour le festival Midsummer Mozartiade, tout à fait agréable, avec une mise en scène sobre et moderne, qui ne trahit pas la magie du livret.

Tout cela me fait découvrir d’autres liens entre mes recherches sur le voyage, le récit de voyage et l’autobiographie, commencées en Master 2 en 2007 à l’université Paris-7, maintenant Paris-Cité, et ma propre existence. Je découvre ici de nouvelles bribes de mon palimpseste mémoriel, après l’interview que Françoise Cesbron m’avait demandée pour son portail Humanit’Elles, interview qui portait notamment sur les sources de mon appétence pour le voyage : https://humanitelles.fr/2024/04/07/voyages-autour-de-simone-de-beauvoir-avec-tiphaine-martin/

À suivre et à continuer…

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Un morceau musical de mon palimpseste mémoriel : France Musique, “Je suis l’oiseleur” », Voyages autour de mon cerveau, novembre 2024. URL : https://vadmc.hypotheses.org/19301