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Pas fraternel (3) : Le Château des Oliviers

Détruire, dit-il. Détruire un lieu, le Château des Oliviers. Donc, détruire une famille, les Laborie, et particulièrement son amie d’enfance Estelle. Cette destruction est non seulement humaine, mais également écologique. Elle intervient dans le feuilleton Le Château des Oliviers, réalisé en 1993 par Nicolas Gessner, sur un scénario de Frédérique Hébrard et de son époux Louis Velle.

Le complexe Cigaland du promoteur Pierre Séverin (Jacques Perrin) engloutirait le Château des Oliviers dans un lac artificiel. Son terrain de golf réclamerait énormément d’eau, dans une région agricole peu réputée pour l’abondance de ses ressources en eau. Mais, foin des vignes et des champs. Ajoutons, quoique non mentionnée dans le téléfilm, la pollution aggravée du flux routier, des clients, des employés et des commerçant·es.

Le projet d’Estelle Laborie (Brigitte Fossey), un musée sur le patrimoine local, avec une forte dimension antiquisante, coûterait effectivement moins cher à la planète et ne détruirait pas le paysage. Humainement parlant, si le musée ne créait pas les plus de mille emplois, finalement estimés à environ cinq cents, de Cigaland, l’attractivité locale augmenterait un peu.

L’enseignant-chercheur Raphaël Fauconnier (Georges Corraface), spécialiste de la période de l’Antiquité tardive, tombe amoureux d’Estelle et la soutient dans sa lutte contre Cigaland. D’autant qu’il est probable que des vestiges romains dorment sous le terrain des Oliviers. Malheureusement, le soutien des écologistes locaux, contactés par Fauconnier, est court-circuité par Séverin, qui a des appuis dans les ministères et au niveau local.

Séverin est déterminé à acheter le terrain de son malheur familial, où son père travaillait la vigne, pour le compte des Laborie. Il est hanté par son passé. Jean Dupastre a trafiqué le vin de son patron et ami de la Résistance, Paul Laborie, avant de tuer son épouse et sa fillette puis de se suicider, au lieu de commencer par se tuer. Notons qu’il est enterré avec ses victimes, ce qui est pour le moins problématique. Marceau, recueilli par les Séverin, préfère ourdir une dure vengeance contre les Laborie plutôt que de faire le deuil des siens.

Il est aidé par ses appuis politiques, dont l’un n’ignore rien de son passé. La maire de Châteauneuf-du-Pape, Mireille (Eva Darlan), jalouse d’Estelle depuis la maternelle, soutient absolument le projet Cigaland. En outre, quand Estelle s’installe aux Oliviers en plein été, Mireille n’a de cesse de lui chercher noise. On pourrait presque parler de harcèlement : elle lui coupe l’eau pour la journée (« zone 5 »), elle l’empêche de vendre des objets anciens (mais à la petite brocante ?), elle pousse les conseillers municipaux à voter pour Cigaland. Compagne secrète de Séverin, qu’elle aime depuis toujours, elle craint que Séverin/Dupastre ne soit toujours amoureux d’Estelle. Estelle qui a épousé Rémy (Louis Velle), homme d’affaires, ex-petit ami de Mireille, puis en a divorcé.

Fille du pharmacien local, cette dernière a pourtant fait un beau mariage en épousant un sénateur âgé. Elle gère sa mairie avec brio, à l’instar de n’importe quel maire masculin. Mais l’anti-sororité l’emporte. Mireille préfère, elle aussi, se perdre dans la vengeance, la compétition sociale et la jalousie. Comme Séverin, elle le paie de sa vie, mais sans avoir choisi sa mort. Là où Séverin/Dupastre se suicide, Mireille est tuée par le demi-frère de Séverin, Robert (Bernard Rosselli). Marceau et Mireille forment un beau duo dans le mal. Mireille s’acharne, Séverin aussi.

Séverin sait également manipuler la jeune arriviste Colombe Mautausier (Anaïs Jeanneret), qui connaît Raphaël depuis toute petite. Journaliste aux ordres de Séverin, qui est aussi patron de presse, elle feint d’être du côté de Raphaël, donc du côté d’Estelle. Ainsi, elle peut mieux lui soutirer des informations sur leur combat pour les Oliviers. En outre, quand Séverin salit Raphaël, qui a aidé sa première épouse à mourir dans la dignité, elle joue double jeu : elle écrit, dans un des journaux de Séverin, anonymement, des articles vipérins contre Fauconnier, et, dans un autre journal, elle prend sa défense. Nous retrouvons ce double jeu de campagne de presse dans Le Mari de l’Ambassadeur (1990), là aussi visant un scientifique, le professeur Pierre-Baptiste Lambert (Louis Velle).

Cependant, au fil des épisodes, Estelle voit surgir à ses côtés les différents membres de sa famille et ceux de sa « famille ». Nous reprenons ici la distinction opérée par l’autrice Simone de Beauvoir, dans La Force de l’âge (1960), entre la famille biologique et celles et ceux qui composent sa « famille » de cœur. Le feuilleton alterne les personnages adjuvants et les personnages opposants à Estelle, au sein de sa famille comme parmi celles et ceux qui y sont rattachés : Sophie (Pascale Rocard), la jeune avocate, Jules (Riccardo Cucciolla), le curé et Samuel (François Perrot), le rabbin. Tous trois sont du côté d’Estelle, de son combat pour les Oliviers.

Jules et Samuel forment un duo œcuménique, parrains spirituels d’Estelle, auquel il faut ajouter Blaïd (Abder El Kebir), le gardien des Oliviers, de confession musulmane. Sophie est une sorte de fille adoptive pour Estelle. Quoique amoureuse d’Antoine (Stanislas Carré de Malberg), le fils cadet d’Estelle et de Rémy, Sophie, du même âge que sa sœur aînée Philippine, attend de guérir de son cancer pour être avec lui.

Antoine choisit d’abord de fuir la lutte d’Estelle. Il a mal vécu le divorce de ses parents et Séverin l’embauche de son côté et lui trouve des contrats pour sa bande dessinée, Raoul Cool. Il est jaloux, aussi, d’Estelle, car Sophie l’assiste et la soutient. Rémy, fuyant les problèmes et désireux de débarrasser Estelle de lourds problèmes financiers, la pousse à vendre les Oliviers. Séverin lui obtient des contrats pour son entreprise de « consulting ».

Mais Carla (Yvonne Sciò), sa très jeune fiancée italienne, actrice, ne l’entend pas de cette oreille et rompt avec lui. Elle obtient un beau contrat de location des Oliviers pour une équipe de tournage italienne. Rappelons que l’aspect italophile du couple Hébrard-Velle est développé dans leur feuilleton précédent, Le Mari de l’Ambassadeur.

Nous avons déjà parlé de Raphaël Fauconnier. Sa profession de scientifique le place dans la lignée de plusieurs des feuilletons de Frédérique Hébrard : Comment ne pas épouser un milliardaire, La Demoiselle d’Avignon, Le Mari de l’Ambassadeur, Les Châtaigniers du désert. Et, particulièrement, d’un de ses prédécesseurs, le diplomate-archéologue François Fonsalette (Louis Velle), dans La Demoiselle d’Avignon (1970). Raphaël Fauconnier est le professeur de Luc (Cédric Spilthooren), le benjamin, qui prend le parti de sa mère. Il reste aux Oliviers, ce qu’il paie cher. En effet, il est gravement brûlé dans l’incendie criminel qui détruit une partie de la propriété. Une fois rétabli, il forme un couple avec la jeune Isabelle (Vanessa Lhoste), elle aussi étudiante en archéologie.

Seule la fille aînée, Philippine (Marie Adam), est contre sa mère, jusqu’à ce que Sophie lui dévoile toute l’histoire de Séverin/Marceau. Séverin a engagé Philippine dans son antenne russe, et il fait tremper Jean-Edmond (François Domange), presque à son insu, dans ses combines politiques pour Cigaland.

Mais Séverin, enfermé dans sa tour de glace, ignore tout de l’amour familial qui dure, et de l’amour tout court. Même par rapport à Estelle, on peut se demander s’il l’aime vraiment, ou si c’est  son goût habituel de la possession qui surgit ici. Est-il capable d’un sentiment sincère ? Quand Jules lui révèle, en présence d’Estelle, qu’il est le fils adultérin de Laborie, il refuse que sa vengeance s’arrête.

Une fois de plus, il préfère la haine à la construction de son existence loin de celui qui, finalement, n’est coupable que d’adultère avec sa mère. C’est bien Dupastre qui a choisi de trafiquer le vin des Laborie, puis qui a tué son épouse et leur petite fille. Pas fraternel, Séverin/Marceau est implacable.

Ce choc frontal entre Estelle et Marceau peut davantage choquer le public d’aujourd’hui que celui de 1993, puisque Jacques Perrin et Brigitte Fossey ont joué un couple d’amour fou en 1988, dans la version longue de Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore (Nuovo Cinema Paradiso).

C’est tout de même l’amour, la pulsion de vie, qui vaincra la haine absolue de Marceau/Séverin. Un des bulldozers envoyés par Séverin pour détruire les Oliviers cale contre quelque chose et s’embourbe. Et la villa antique de la « Belle Romaine », ancêtre d’Estelle, surgit d’entre les morts. Cette découverte archéologique arrête net la destruction. Marceau/Séverin a perdu. Il refuse alors la main tendue d’Estelle, une dernière fois. Il s’enfuit quand la police vient l’arrêter pour l’incendie criminel des Oliviers, le vol d’objets antiques et la complicité dans les meurtres de Mireille et de Jules. Il part se suicider, en se jetant d’une falaise dans le Rhône.

Le Château des Oliviers rappelle qu’une famille ne tient ni à un nom, ni à un héritage, ni à une propriété. Elle tient à celles et ceux qui choisissent, malgré les blessures, de protéger ensemble un paysage, une mémoire et un avenir. Face à la logique de destruction incarnée par Pierre Séverin, Estelle Laborie répond par une autre force : la fidélité aux êtres, à la terre et à la possibilité toujours renouvelée de refaire famille.

Estelle retrouve sa famille et sa « famille », agrandie, réunie, Jules toujours présent à son cœur. Et les Oliviers se chauffent au soleil. Avec nous ?

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Pas fraternel (3) : Le Château des Oliviers », Voyages autour de mon cerveau, août 2026. URL : https://vadmc.hypotheses.org/33392

Droit à l’avortement et antimilitarisme le cas S. de Beauvoir VADMC.001

Droit à l’avortement et antimilitarisme : le cas S. de Beauvoir

L’autrice-philosophe-dramaturge-scénariste Simone de Beauvoir a publié en 1949 son essai sur la condition féminine au sein du patriarcat occidental, Le Deuxième Sexe. Entre autres sujets, elle aborde la libéralisation de l’avortement, alors interdit en France, dans de nombreux pays occidentaux, et dans les territoires colonisés par l’Occident. Beauvoir relie le droit à l’avortement pour toutes les classes sociales à son antimilitarisme, affiché dans ses mémoires (Simone de Beauvoir, La Force de l’âge, Paris, Gallimard, « Folio », 1999, p. 37), au besoin d’une éducation mixte sans tabous ni hypocrisie, et à la contraception féminine, notamment dans sa conclusion générale (Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe. Tome II, Paris, Gallimard, 1987, p. 569, 571-572) :

(…) la maternité serait libre, c’est-à-dire qu’on autoriserait le birth-control et l’avortement et qu’en revanche on donnerait à toutes les  mères et à leurs enfants exactement les mêmes droits, qu’elles soient mariées ou non ; les congés de grossesse seraient payés par la collectivité qui assumerait la charge des enfants, ce qui ne veut pas dire qu’on retirerait ceux-ci à leurs parents mais qu’on ne les leur abandonnerait pas. (…) Et grâce à l’éducation mixte, le mystère auguste de l’Homme n’aurait pas l’occasion de naître : il serait tué par la familiarité quotidienne et les franches compétitions. Les objections qu’on oppose à ce système impliquent toujours le respect des tabous sexuels ; mais il est vain de prétendre inhiber chez l’enfant la curiosité et le plaisir ; on n’aboutit qu’à créer des refoulements, des obsessions, des névroses ; la sentimentalité exaltée, les  ferveurs homosexuelles, les passions platoniques des adolescentes avec tout leur cortège de niaiserie et de dissipation sont bien plus néfastes que quelques jeux enfantins et quelques précises expériences. Ce qui serait surtout profitable à la jeune fille, c’est que ne cherchant pas dans le mâle un demi-dieu – mais seulement un camarade, un ami, un partenaire – elle ne serait pas détournée d’assumer elle-même son existence ; l’érotisme, l’amour prendraient le caractère d’un libre dépassement et non celui d’une démission ; elle pourrait les vivre comme un rapport d’égal à égal. Bien entendu, il n’est pas question de supprimer d’un trait  de plume toutes les difficultés que l’enfant a à surmonter pour se changer en un adulte ; l’éducation la plus intelligente, la plus tolérante, ne saurait le dispenser de faire à ses frais sa propre expérience ; ce qu’on peut demander, c’est qu’on n’accumule pas gratuitement des obstacles sur son chemin.

Beauvoir défend l’éducation et la clarté scientifique, dans un mélange filles-garçons qui tue les mythes traditionnels mortifères de la féminité et de la masculinité, ainsi que les dangereuses poussées de fantasmes, que nous avons synthétisées sous l’appellation « syndrome de Grand Meaulnes ». L’autrice souligne également le besoin d’une participation des pouvoirs publics dans les droits des mères et dans l’existence des enfants – par contre, où est le père et quel est son rôle dans cette nouvelle famille, Beauvoir ne le dit pas. Il est pieusement englobé dans le terme « parents », ce qui, en partie, en 1949, établit une nouvelle égalité dans la famille, loin du « chef de famille » définit par la loi de cette époque. L’écrivaine est lucide et n’attend pas d’une société non patriarcale qu’elle soit idyllique, mais qu’elle ne brise pas l’élan vital des enfants.

Cette partie de la conclusion du Deuxième Sexe est à mettre en rapport, entre autres, avec deux autres passages du Deuxième Sexe, sa lettre du neuf février 1949 à son compagnon nord-américain Nelson Algren, donc juste avant la publication du Deuxième Sexe en volume, et un passage de Tout compte fait, le dernier volume de ses mémoires (1972).

Dans le tome un du Deuxième Sexe, Beauvoir analyse les « obstacles », pour reprendre le terme qu’elle utilise notamment dans sa conclusion, qui entravent la liberté des femmes (Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe. Tome I, Paris, Gallimard, 2000, p. 103) :

On ne saurait obliger directement la femme à enfanter : tout ce qu’on peut faire c’est l’enfermer dans des situations où la maternité est pour elle la seule issue : la loi ou les mœurs lui imposent le mariage, on interdit les mesures anticonceptionnelles et l’avortement, on défend le divorce.

Les hommes pensent la société comme un espace violemment clos pour les femmes, forcées à n’être que des pondeuses, soumises à un homme, sans le choix de partir, et, corrélativement, d’être indépendantes économiquement, surtout dans les hautes classes sociales.

L’essayiste revient sur ces interdits légaux et leurs conséquences (Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe. Tome II, op. cit., p. 291-292) :

La maternité forcée aboutit à jeter dans le monde des enfants chétifs, que leurs parents seront incapables de nourrir, qui deviendront les victimes de l’Assistance publique ou des « enfants martyrs ». Il faut remarquer d’ailleurs que la société si acharnée à défendre les droits de l’embryon se désintéressedes enfants dès qu’ils sont nés ; on poursuit les avorteuses au lieu de s’appliquer à réformer cette scandaleuse institution nommée Assistance publique ; on laisse en liberté les responsables qui en livrent les pupilles à des tortionnaires ; on ferme les yeux sur l’horrible tyrannie qu’exercent dans des « maisons d’éducation » ou dans des demeures privées les bourreaux d’enfants ; et si on refuse d’admettre que le fœtus appartient à la femme qui le porte, en revanche onconsent que l’enfant soit la chose de ses parents ; dans la même semaine, on vient de voir un chirurgien se suiciderparce qu’il était convaincu de manœuvres abortives et un père qui avait battu son fils presque à mort condamné à troismois de prison avec sursis. Récemment un père a laissé mourir son fils du croup, faute de soins ; une mère a refusé d’appeler un médecin auprès de sa fille, au nom de son abandon inconditionné à la volonté divine : au cimetière, des enfants lui ont jeté des pierres ; mais quelques journalistes s’étant indignés, une cohorte d’honnêtes gens ont protesté que les enfants appartenaient aux parents, que tout contrôle étranger serait inacceptable. Il y a aujourd’hui « un million d’enfants en péril », dit le journal Ce soir ; et France-Soir imprime que : « Cinq cent mille enfants sont signalés comme se trouvant en danger physique ou moral. » En Afrique du Nord, la femme arabe n’a pas la possibilité de se faire avorter : sur dix enfants qu’elle engendre, il en meurt sept ou huit et personne ne s’en soucie parce que les pénibles et absurdes maternités ont tué le sentiment maternel. Si la morale y trouve son compte, que penser d’une tellemorale ? Il faut ajouter que les hommes les plus respectueux de la vie embryonnaire sont aussi ceux qui se montrent lesplus empressés quand il s’agit de condamner des adultes à une mort militaire.

Les raisons pratiques invoquées contre l’avortement légal sont sans aucun poids ; quant aux raisons morales, elles se réduisent au vieil argument catholique : le fœtus a une âme à qui on ferme le paradis en le supprimant sans baptême. Il est remarquable que l’Église autorise à l’occasion le meurtre des hommes faits : dans les guerres, ou quand il s’agit de condamnés à mort ; elle réserve pour le fœtus un humanitarisme intransigeant Il n’est pas racheté par le baptême : mais au temps des guerres saintes contre les Infidèles, ceux-ci ne l’étaient pas non plus et le massacre en était hautement encouragé. Les victimes de l’Inquisition n’étaient sans doute pas toutes en état de grâce, non plus qu’aujourd’hui le criminel qu’on guillotine et les soldats morts sur le champ de bataille.

Dans tous ces cas, l’Église s’en remet à la grâce de Dieu ; elle admet que l’homme n’est dans sa main qu’un instrument et que le salut d’une âme se joue entre elle et Dieu. Pourquoi donc défendre à Dieu d’accueillir l’âme embryonnaire dans son ciel ? Si un concile l’y autorisait, il ne protesterait pas plus qu’à la belle époque du pieux massacre des Indiens. En vérité, on bute ici contre une vieille tradition têtue qui n’a rien à voir avec la morale. Il faut compter aussi avec ce sadisme masculin dont j’ai déjà eu l’occasion de parler.

Cette longue citation montre à quel point Beauvoir envisage l’ensemble des implications humaines d’enfants non désirés, en France et dans les colonies françaises en Afrique du Nord. L’autrice analyse la situation des femmes mères sans l’avoir désiré, se vengeant sur leurs enfants de leurs nombreuses frustrations ; le sort misérables des enfants non désirés, devenus choses de leurs parents, et non individus avec le droit à une existence d’amour et de soins. Et le destin, voulu par les hommes adultes, religieux ou non, des enfants devenus adultes. Tiens, tiens, la femme sans enfants qu’a été Beauvoir serait-elle donc capable de compatir au sort misérable de ceux-ci ?

Les enfants sont déshumanisés, réduits à des pions servant au commerce des armes et à tuer d’autres innocent·es, par exemple dans des guerres coloniales, par exemple en Indochine, conflit qui a sévi de 1945 à 1954, soit pendant l’écriture du Deuxième Sexe, où Beauvoir s’est impliquée du côté des pacifistes et des anti-coloniales et anti-coloniaux (Simone de Beauvoir, La Force des choses. II., Paris, Gallimard, « Folio », 1999, p. 40). N’oublions pas l’expérience traumatisante de la Seconde Guerre mondiale, son compagnon principal Jean-Paul Sartre et son autre compagnon Jacques-Laurent Bost, entre autres, étant mobilisés en 1939, donc en mesure de tuer et de se faire tuer.

L’exemple du génocide des peuples autochtones d’Amérique centrale et du Sud (cf. par exemple l’essai de Marcel Grondin et Moema Viezzer, Le Génocide des Amériques, Paris, écosociété, 2022) est à prendre en miroir de l’écriture et de la publication du roman historique de Beauvoir Tous les hommes sont mortels (1947). Le héros, Fosca, y est confronté à sa grande horreur, dans sa trajectoire d’homme immortel. Beauvoir rappelle à cette occasion l’implication des religieux (et des religieuses) catholiques, tant en Espagne que sur place, dans le massacre d’innocent·es, pieusement considéré·es comme des non-êtres humains, puisque non catholiques. Et, une fois que leur statut humain leur sera concédé par les religieux catholiques, quand elles et ils ont été quasi exterminés, les bon·nes catholiques espagnol·es se tournent vers les habitant·es des côtes africaines et leur esclavage, enclenchant le commerce triangulaire de sinistre mémoire.

Rappelons également que Beauvoir « désapprouve la peine de mort » (Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, Paris, Gallimard, « Folio », 1999, p. 329), sans pour autant éprouver de la pitié pour les collaborateurs condamnés à mort à la Libération, dont son confrère, l’écrivain et journaliste Robert Brasillach, dont les diatribes ont eu une conséquence mortifère sur l’existence de centaines de Français·es (Simone de Beauvoir, La Force des choses. I., Paris, Gallimard, « Folio », 1998, p. 36-38). Dans la citation ci-dessus, Beauvoir se réfère aux assassins des « faits divers », à leur tour assassinés légalement, avec la bénédiction des religieuses et religieux catholiques, l’abolition de la peine de mort n’intervenant en France, au niveau étatique, qu’en 1981.

Beauvoir revient sur le tout (répression féroce de l’avortement et des avorteurs, et, implicitement, poids des catholiques dans ladite répression, éducation des enfants mâles pour un futur charnier, violences parentales) dans l’extrait ci-dessous, une lettre à son compagnon, l’écrivain nord-américain Nelson Algren (Simone de Beauvoir, Lettres à Nelson Algren, Paris, Gallimard, « Folio », 1998, p. 414) :

En ce moment il y a en France beaucoup d’affaires d’avortement, j’en suis indignée. Chez nous il n’existe aucune espèce de contrôle des naissances, c’est illégal. En conséquence chaque année il y a autant d’avortements que de naissances, à peu près un million, mais l’avortement reste formellement interdit. On vient d’arrêter un médecin que je connaissais très bien et à qui j’ai adressé quantité de femmes dans l’embarras, il les a aidées, les pauvres comme les riches. Un autre chirurgien s’est jeté par la fenêtre la semaine dernière parce qu’on l’avait impliqué dans une sale affaire de ce genre. En revanche un père qui battait son jeune fils presque à mort n’a été que légèrement réprimandé par le tribunal, sans même récolter une peine de prison. Une fois l’enfant né, apparemment, vous pouvez le tuer si ça vous amuse, et s’il meurt à la guerre, c’est pour ça qu’on l’a fabriqué, mais tant qu’il est dans le ventre de sa mère, c’est un meurtre de tenter quoi que ce soit contre lui. Je porte plainte devant vous : ne pouvez-vous rien faire contre cet état de choses ?

La correspondance d’Algren à Beauvoir n’ayant pas encore été publiée, nous ne savons pas aujourd’hui s’il lui a répondu sur ce point. Sous l’humour de la question, qui anticipe par son appel à l’aide, sans le savoir, la présence de l’armée états-unienne en France de 1950 à 1967 dans le contexte de la Guerre froide et de l’OTAN (https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1999_num_215_2_4829), pointe l’angoisse beauvoirienne, sa colère contre ces violences et son impression d’inutilité, même en ayant publié Le Deuxième Sexe.

L’écrivaine reprend ce lien entre ses positions pour l’avortement et antimilitaristes dans le dernier volume de ses mémoires, Tout compte fait (Simone de Beauvoir, Tout compte fait, Paris, Gallimard, « Folio », 1998, p. 608-609), alors qu’elle décrit son engagement auprès des jeunes militantes féministes de ce début des années soixante-dix, dont sa participation à la manifestation du vingt novembre 1971. Nous ne résistons pas au plaisir de citer l’intégralité de ce passage, très enlevé et malicieux, tant sur le fond que sur la forme, malgré la gravité des sujets abordés :

Pour poursuivre cette campagne, le M.L.F. a organisé le 20 novembre, en liaison avec des manifestations féministes qui se sont déroulées ce jour-là un peu partout dans le monde, un défilé, à travers Paris, de femmes qui réclamaient la liberté de la maternité, de la contraception et de l’avortement. J’y ai pris part. Nous avons marché de la République à la Nation, occupant toute la chaussée (…), portant des pancartes où étaient inscrits des slogans ; des militantes brandissaient des torchons, des fils de fer auxquels était suspendu du linge sale, des poupées en papier, des baudruches ; l’une d’elles distribuait du persil – symbole de l’avortement clandestin – dont certaines plantaient des branches dans leurs cheveux. Nous étions environ quatre mille, en majorité des femmes, mais il y avait aussi des hommes, pour la plupart chevelus et barbus. On a lâché des ballons, chanté, scandé des mots d’ordre : « Enfant désiré, enfant aimé. Maternité libre. » Des parents avaient amené leurs enfants et on voyait des gosses de six ans crier avec les adultes : « Nous aurons les enfants que nous voudrons. » C’était, sous un beau ciel froid, très vivant, très gai et plein de fantaisie. Ce qui était intéressant, c’est que la plupart des femmes que les manifestantes abordaient sur les trottoirs se déclaraient de cœur avec nous et nous applaudissaient. Quand nous avons passé devant l’église Saint-Antoine, une mariée vêtue de blanc était en train de monter l’escalier. Nous avons crié : « La mariée avec nous ! Libérez la mariée ! » et l’avant-garde du cortège a quitté la chaussée pour entrer dans l’église. Le curé a discuté un moment avec les militantes et nous sommes reparties vers la Nation.

Un peu avant d’y arriver nous avons rencontré des objecteurs de conscience qui portaient des pancartes antimilitaristes. Leur manifestation avait été interdite et certains avaient eu l’idée de se joindre à nous. Alors notre cortège s’est mis à crier : « Pas d’enfants pour le casse-pipe. – Debré, salaud, les femmes auront ta peau », et tous ensemble nous avons chanté L’Internationale. A la Nation, des femmes se sont hissées sur le socle d’une des statues et elles ont brûlé des torchons, symboles de la condition féminine. Il y a eu de nouveaux chants, des farandoles : c’était une fête joyeuse et fraternelle.

Militantisme féministe, au féminin et au masculin, et antimilitariste finissent par se rejoindre, pour les droits des femmes, pour ceux des hommes, et pour ceux des enfants. L’ensemble de la société est enfin unie, pour partie, contre les violences qui lui sont faites. La poche de résistance patriarcale est ici symbolisée par le mariage religieux, que les manifestantes conspuent joyeusement. Notons que, comme souvent (la spécialiste de Beauvoir que nous sommes peut amplement en témoigner), Beauvoir n’a pas vérifié les noms de lieux, puisqu’il s’agit de l’église Saint-Ambroise et non Saint-Antoine, comme en témoigne cette précieuse archive, filmée pour le journal télévisé : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf90010438/manifestation-de-femmes-a-paris Notons également que le slogan que l’on entend près de l’église est : « Mariage piège à cons ! » Beauvoir l’a-t-elle également entonné ?

Ce rapide parcours au sein du monde beauvoirien nous a permis de relier deux droits au choix et à une existence heureuse, sans tuerie ni misère sociale ni misère humaine. Simone de Beauvoir apparaît comme soucieuse du bien-être commun, tant féminin que masculin, pour la vie. À imiter ?

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Droit à l’avortement et antimilitarisme : le cas S. de Beauvoir », Voyages autour de mon cerveau, janvier 2025. URL : https://vadmc.hypotheses.org/21284

 

Coeurs vaillants cinéma

Cœurs vaillants, la liberté au bout du champ

Ce film de Mona Achache se déroule à l’été 1942, juste après la Rafle du Vel’ d’Hiv’, où « 13 152 juifs sont arrêtés à leur domicile par des policiers français avant d’être livrés aux Nazis1. »

Rose (Camille Cottin), conservatrice au Louvre, a caché six enfants juifs et juives dans des caisses d’œuvres d’art destinées à partir loin des Allemands, c’est-à-dire, d’abord, dans les châteaux de la Loire. Les trois filles et les trois garçons arrivent sains et saufs à Chambord, d’où elles et ils doivent partir le lendemain matin pour la zone libre, grâce au curé de Chambord (Patrick dAssumçao). Mais une officière nazie (Anne-Lise Heimburger) surgit, en exigeant les collections spoliées aux Français·es juives et juives. Se trouvant fort bien au château (acht, François Ier), elle décide d’y séjourner et d’y chasser dans le parc royal.

Les enfants, Hannah (Maé Roudet-Rubens), Jacques (Léo Riehl), Josef (Ferdinand Redouloux), Clara (Lilas-Rose Gilberti), Henriette (Asia Suissa-Fuller) et son frère Léon (Luka Haggège), vont se cacher dans la forêt, grâce à la complicité du jeune Paul (Félix Nicolas), enfant de chœur dont le père est prisonnier en Allemagne depuis la défaite de 1940. Les cabanes de Paul leur sont des refuges temporaires contre la barbarie qui leur colle aux chausses.

Rose, qui peut compter sur la discrétion précieuse du conservateur du château (Swann Arlaud), se prépare donc à faire passer le groupe enfantin et Paul en zone non occupée, où elles et ils sont attendus dans une maison d’enfants. Ce qui sera fait, après le décès accidentel de Clara et le sacrifice de Rose, qui se fait passer pour folle auprès des soldats allemands qui gardent le dernier pont avant le champ de la liberté.

Dans ce film foisonnant, nul pathos désagréable, mais une véritable émotion qui surgit régulièrement, grâce à une mise en scène serrée, au plus près des corps et des visages. Le jeu des acteurs et des actrices est sobre, les adultes n’en font pas trop et les enfants ne bêtifient pas. Lorsque leurs larmes coulent, c’est que la situation l’exige : fatigue, faim, manque de leurs parents et angoisse quant à leur sort (le leur et celui de leurs parents). Les garçons autant que les filles s’expriment ainsi, sans fausse honte.

De même, dans ce groupe où les âges s’échelonnent entre huit et seize ans, les disputes ne manquent pas, loin de l’image d’Épinal d’angelots se tenant forcément les coudes en cette période noire de leur existence. Ce qui n’empêche pas des flirts de s’ébaucher, entre Clara et Josef d’abord, Clara qui se noie après deux chutes sans gravité dans l’eau. Josef récupère alors le journal intime de cette nouvelle Anne Franck, y écrit son amour pour elle, se barbouille les lèvres de l’encre de son stylo et appuie ses lèvres sur la page qu’il vient de rédiger. L’entreprise mémorielle de Clara se poursuit sous une autre forme, celle de la biographie et de la conservation du nom de la disparue, comme aujourd’hui dans les mémoriaux de la Shoah… et dans les films consacrés à cette période.

Autre flirt, celui d’Hannah et de Paul, très intéressé par la poitrine de la jeune fille, lors du bain pris en commun – et en sous-vêtements. Les coup d’œil sur le corps de l’autre deviennent des regards de visage à visage, en un début d’histoire.

Et c’est d’ailleurs en exposant son corps en chemise que Rose sauve « les » enfants, elles et eux qui ne sont pas « ses » enfants, comme elle le fait sèchement remarquer au conservateur de Chambord au début du film. Rose joue de la concupiscence des soldats allemands pour les attirer dans la rivière, afin que le groupe enfantin passe le pont qui les mènera en zone libre.

Le personnage de Rose, hommage à la résistante Rose Valland, dont Camille Cottin a pris les traits, les vêtements pratiques et les lunettes2, n’est pas une mère de substitution, ce dont Léon et Josef lui font d’ailleurs grief. Les motivations de Rose sont humanistes et non maternalistes. Sauver un peu, si peu, de l’humanité dans l’enfer de l’Occupation, telle est la tâche qu’elle s’est donnée, qu’il s’agisse de tableaux ou d’êtres humains. Elle reproche ainsi au conservateur de Chambord de se réfugier dans l’art pour fuir le monde, au lieu d’être dans le monde humain grâce à l’art et à l’architecture. Belle leçon de philosophie du film, où les œuvres d’art montrées sont soit des visages (La Joconde, La Victoire de Samothrace, des portraits de jeunes filles peintes par Renoir3), soit du land art fabriqué par les enfants au sol de leur première cabane, où se trouvent aussi des figurines humaines.

Par les cabanes, nous touchons à la part onirique du film. Il y a déjà les brèves images, sublimes, de jour et de nuit, du château, de la forêt et des animaux non humains qui y vivent en liberté. Par la vie dans la cabane au sol et le passage dans la cabane dans l’arbre, nous plongeons dans l’univers de l’aventure, dont la revue catholique Cœurs vaillants est un des prototypes, avec notamment la publication des aventures de Tintin et Milou. Dans le film, situé en juillet 42, il s’agit du Crabe aux pinces d’or4. Sans oublier le clin d’œil au public contemporain, avec Hannah et son chapeau de type Indiana Jones – qui combat les Nazis dans La Dernière Croisade (Steven Spielberg, 1989).

Mais l’onirisme n’est pas que joyeux, il peut tourner au cauchemar, comme dans n’importe quel conte de fées. Le repos et la vie aventureuse (trouver à manger, se laver, boire, dormir autre part que sur une fourmilière, recoudre un vêtement déchiré) ne durent qu’un temps. L’officière et ses sbires viennent accomplir leur œuvre de mort dans le parc, établissant un parallèle facile entre leur assassinat d’animaux non humains et celui de Juifs, de Juives, de résistant·es… et, potentiellement, des enfants qui observent la militaire du haut de leur cachette dans l’arbre. Les abris dans la forêt sont aussi fragiles que ceux des Hébreux dans le désert5 et, comme les Hébreux, les enfants doivent reprendre leur errance, jusqu’à atteindre la Terre promise, loin des méchant·es en armes.

Heureusement, le groupe reprend ses chaussures, au lieu de les laisser en tas, comme c’est le cas des gazé·es dans les camps de déportation6. Et, grâce à Rose, prennent le champ.

Si ce film mélange les vérités historiques, c’est pour notre plus grande joie. Rose Valland, conservatrice au Jeu de Paume et résistante, n’est jamais allée à Chambord pendant l’Occupation pour s’occuper de la sauvegarde des collections des musées nationaux. Sauvegarde qui s’est effectuée à partir de « Drôle de guerre », non en 1942. Et les œuvres d’art spoliées par les Allemands n’en faisaient évidemment pas partie, même si Valland a pu en dresser l’inventaire, puisque les caisses d’œuvres d’art ont transité par les entrepôts des musées nationaux7. Par contre, Lucie Mazauric, conservatrice au Louvre, raconte dans le troisième tome de ses mémoires, Le Louvre en voyage. 1939-1945 (publié en 1967), les ruses déployées par ses collègues et elle-même afin de soustraire le patrimoine artistique français et étranger à l’avidité nazie, dès 1939 et jusqu’à la Libération, qui verra fleurir une grande exposition au Louvre puis au Petit Palais8. Et, surtout, aucun·e enfant n’a été sauvé via le transport des œuvres d’art.

Il n’empêche que ce film accompli brillamment un devoir de mémoire indispensable, avec des acteurs et des actrices de talent. Film donc à voir pour soi et à montrer de toute urgence aux jeunes générations.

Pour aller plus loin sur le Vel’ d’Hiv’ et les enfants cachés (livre, bande dessinée, radio, film) :

Claude Berri, Le Vieil Homme et l’Enfant, 1967.

Roselyne Bosch, La Rafle, 2010.

Robert Bober, Berg et Beck, Paris, POL, 1999.

Cabu, La Rafle du Vel’ d’Hiv‘, Paris, Tallandier, 2022.

Louis Malle, Au revoir les enfants, 1987.

Xavier Mauduit, « Recueillir et prendre soin, destins d’enfants juifs après la guerre », France Culture, vendredi 10 juin 2022. URL : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/recueillir-et-prendre-soin-destins-d-enfants-juifs-apres-la-guerre-9469341?fs=e&s=cl

Gilles Paquet-Brenner, Elle s’appelait Sarah, 2010.

Tatiana de Rosnay, Elle s’appelait Sarah, Paris, Héloïse d’Ormesson, 2007.

Johan Sfar, Gainsbourg (vie héroïque), 2010.

 

2 Cf. les photographies de Rose Valland à la fin de l’album in Catel, Pollack, Bouilhac, Rosa Valland. Capitaine Beaux-Arts, Bruxelles, Dupuis, 2009, s.p.

5 Marion Feldman, Yoram Mouchenik, Marie Rose Moro, « Les enfants juifs cachés en France pendant la Seconde Guerre mondiale : des traces du traumatisme repérables plus de soixante ans après », La psychiatrie de l’enfant, 2008/2 (Vol. 51), p. 481513, note 7 : « En hébreu, signifie « cabanes ». C’est une des trois grandes fêtes de pèlerinage ou fêtes des moissons. Célébrée durant sept jours à partir du 15 Tichri, Souccoth est la plus joyeuse des fêtes prescrites par le Pentateuque. Les Juifs sinstallent dans des cabanes rituelles, qui sont les symboles de la protection divine puisquelles rappellent les abris fragiles où les Hébreux vécurent dans le désert. » URL : https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2008-2-page-481.htm#re7no7

6 Le plasticien Christian Boltansky en a fait l’objet de son installation en 2016 au Grand Palais à Paris : http://www.lecoindesartsplastiques.com/2016/09/installation-memoire-christian.html

7 Chronologie à la fin de l’album de Catel, Polack, Bouilhac, Rosa Valland. Capitaine Beaux-Arts, op. cit., s.p.

8 Lucie Mazauric, Le Louvre en voyage. 1939-1945, Paris, Plon, 1978, p. 208-213Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Cœurs vaillants, la liberté au bout du champ », Voyages autour de mon cerveau, juin 2022. URL : https://vadmc.hypotheses.org/5487

 

Pour citer cet article : Tiphaine Martin, « Cœurs vaillants, la liberté au bout du champ », Voyages autour de mon cerveau, juin 2022. URL : https://vadmc.hypotheses.org/5487